ANNONCE


15 août 2005

NOUVELLE PUBLICATION

- Gérard de Nerval, Les Filles du Feu (Angélique. Sylvie. Jemmy. Octavie. Isis. Corilla. Emilie. Les Chimères), préface de Gérard Macé, édition établie et annotée par Bertrand Marchal, Paris, Gallimard, «Folio», 2005, 442 pages.


24 avril2005

«Création d'une nouvelle association de Gérard de Nerval»

Nerval mérite que ses amisd'aujourd'hui se réunissent pour honorer sa mémoire et faire connaître son oeuvre. 
Quelques Nervaliens vous invitent à les rejoindre pour la constitution d'une association :
Le dimanche 22 mai à 17heures
au château d'Ermenonville, Salon Nerval
 
Réponse souhaitée auprès de l'Office de Tourisme d'Ermenonville et de ses environs
Maison Joseph II - 2bis, rue René de Girardin - BP 6 - 60950 Ermenonville
Tel : 03.44.54.01.58 - Fax : 03.44.54.04.96
e-mail :ot-ermenonville@wanadoo.fr


3 février 2005

NOUVELLE PUBLICATION

Une Balade nervalienne à Saint-Germain-en-Laye, Editions Hybride, 2005.

Photographies François Clouard
Texte Christian Besse-Saige
(http://www.editionshybride.com/)

Présentation par Claude Pichois
Jusqu'à de récentes années, on assignait à Gérard de Nerval deux lieux géographiques. Paris, où il est né et mort, et le Valois, puisqu'il doit son pseudonyme à un clos situé près de MORTEFONTAINE. Et cette région indiquait la direction de ce que, au XIXe siècle, on appelait le Nord, expression large et vague puisqu'elle contenait la (future) Belgique et les Pays-Bas, la Scandinavie aussi bien que, et surtout, les Allemagnes. Ces Allemagnes qui exercèrent sur le psychisme de Gérard un magnétisme souvent sulfureux.
Il revient à M. Christian Besse-Saige d'avoir restitué dans ce psychisme et son expression littéraire une juste place, discrètement lumineuse, à SAINT-GERMAIN-EN-LAYE, et par là même à l'Ile-de-France. L'équilibre, instable, entre les deux pôles, est restitué.
L'auteur de cette étude doit être salué. Au moment où la culture court les plus grands dangers, M. Christian Besse-Saige est l'un des amateurs, au meilleur sens du terme, qui font honneur à la littérature en la cultivant avec passion et désintéressement.


8 décembre 2004

LECTURE

Gérard Depardieu et Richard Boringer feront la lecture d'un texte de Fatiha DAHMANI, "Gérard de Nerval ou le Rêve et la vie", le jeudi 16 décembre 2004 à 14h30, au théâtre du Rond-Point à Paris, salle Jean Tardieu.


7 octobre 2004

COLLOQUE

« Une journée Gérard de Nerval pour le 150e anniversaire de la mort du poète »

Organisateurs : Camille Aubaude et Christian Besse-Saige
Le colloque se tiendra le samedi 29 janvier 2005
de 10 h à 12 h 30 et de 14 h 30 et à 18 h,
à l'hôtel de ville de Saint-Germain-en-Laye, salle Michel Péricard
sous le haut patronage de M. Claude Pichois, professeur emerite a la Sorbonne.

Programme 1

Programme 2 (Nerval à Saint-German-en-Laye par Camille Aubaude)

Programme 3 (Conférencies et lecteurs)


30 septembre 2004

Nouvelle Publication

Gisèle Séginger, Les Filles du feu, Les Chimères, Nerval au miroir du temps, Ellipses, collection « Textes fondateurs », 2004, 256 p.
http://www.editions-ellipses.fr/fiche_detaille.asp?identite=4419


Après sa mort, Nerval tombe quasiment dans l’oubli jusqu'à la fin du XIXe siècle. Ce n'est qu'en 1894 que Rémy de Gourmont réédite "Les Chimères" et fait l'éloge de l'idéalisme. Au début du XXe siècle certains rédecouvrent la perfection classique de sa prose qu'ils opposent à l’obscurité du symbolisme, d'autres, au contraire, les audaces d'une écriture du rêve. Au centre de sentiers qui bifurquent, Gérard de Nerval s'impose comme une figure emblematique pour des écrivains qui veulent réenchanter le monde : Proust, Apollinaire, Breton, Bonnefoy. Ceux-ci nous apprennent aujourd'hui à relire son œuvre – moins religieuse et detournée du monde qu’on a souvent voulu le dire – pour y entendre un chant de la terre et y découvrir une première révolution du langage poétique. L'exemple de Nerval, oublié et sans disciple puis retrouvé grâce aux grands écrivains du siècle suivant qui le reconnaissent pour fondateur, éclaire différemment le rapport du passé et du présent, de la tradition et des révolutions esthetiques. L'histoire littéraire s'édifie par une perpetuelle reconstruction de son passé et de ses filiations, par des réevaluations qui révèlent sa propre historicité et nous obligent à tenir compte de discontinuités et de configurations non linéaires. Quant à la valeur esthétique d’une œuvre, elle est indissociable de son action dans l'histoire de la littérature.


22 novembre 2003

Nouvelle Publication

Hisashi MIZUNO, Nerval. L'écriture du voyage. L'expression de la réalité dans les premières publications du Voyage en Orient et de Lorely. Souvenirs d'Allemagen, Honoré Champion, « Romantisme et Modernités », 2003, 481 p.

L'étude chronologique des premières publications du Voyage en Orient et de Lorery Souvenirs d’Allemagne, échelonnées entre 1838 et 1852, est à même de changer la perception que nous avons eue jusqu'ici de Gérard de Nerval. Là, on le voit puiser aux stéréotypes d'une époque, non pour y adhérer même s'ils favorisent une certaine complicité avec le lecteur, mais pour les détourner au service de sa propre création. Il est donc intéressant de bien reconstituer les contextes de ces feuilletons de voyage, et de les lire chronologiquement à la lumière des discours contemporains, qu'ils soient littéraires, historiques, sociaux, politiques ou autres. Cette lecture contextuelle fait resurgir diverses significations que les textes de voyage avaient pu avoir au moment de leur publication, et offre par surcroît l'occasion de porter un regard neuf sur les œuvres de Gérard de Nerval.


10 octobre 2003

Twenty-Ninth Annual Nineteenth-Century French Studies Colloquium

entre le 23 et le 25 octobre 2003

The University of Arizona, Tucson, USA.

« NERVAL REVISITED »

3 communications sur Nerval

Aimee Kilbane (University of California, Santa Barbara), “Community, Wandering and the Bohemian in Gérard de Nerval”.

Jonathan Strauss (Miami University), “Writing into silence”.

Evelyne Ender (Harvard University), “Nerval et la science du souvenir”.

Voir leurs résumes


Colloque en hommage au professeur Jacques Bony

Vendredi 26 septembre 2003

Université Paris 12

Voir Programme


Colloque à Saint-Denis

3 avril 2002

Colloque Europe - Japon "Clartés d'Orient, Nerval ailleurs "


Organisé par Jean-Nicolas Illouz et Claude Mouchard
20, 21, et 22 Juin 2002.
Université Paris 8. Musée d'art et d'histoire de Saint-Denis
Voir le programme


Nouvelles publications

24 janvier 2002

 

Jean-Paul Bourre, Gérard de Nerval, préface de Hubert Haddad, Bartillat, 2001.

Le destin tragique de Gérard de Nerval s'achève rue de la Vieille-Lanterne par un soir de l'hiver 1855. Sa vie aura été traversée de soleils et d'ombres. On y croise le doux Gérard, le poète des Odelettes, le Gérard traducteur du Faust de Goethe, alors qu'il n'a que vingt ans, le Gérard de l'hôtel du Doyenné qui fréquente Théophile Gautier et Alexandre Dumas. Surtout il y a le Nerval des Chimères et d'Aurélia, dont le génie rencontre la folie, celui-là qui a entrouvert les portes du rêve. « Cette indéfinissable grâce guettée par la pointe acérée de l'infini, Jean-Paul Bourre l'éclaire à la lumière du rêve, dans la prémonition d'un autre monde » écrit Hubert Haddad dans sa préface. Cet essai vibrant nous livre des clefs de cet autre monde.

 

Laure Murat, La maison du docteur Blanche. Histoire d'un asile et de ses pensionnaires de Nerval à Maupassant, J C Lattès, 2001.

( « I. 4. Nerval ou le rêveur lucide », pp. 63-79.)

En 1821, le docteur Esprit Blanche fonde une maison de santé, un asile d'un genre tout à fait nouveau, établi sur le modèle d'une pension de famille. A Montmartre puis à Passy, les patiens vont partager la vie quotidienne du médecin, de sa femme et de ses enfants, dîner à leur table, se promener dans leur parc de cinq hectares.
De cette initiative va naître l'une des institutions les plus célèbres d'Europe, refuge de la génération romantique et de Gérard de Nerval en particulier. Elle abritera les vestiges de Charles Gounod, la mélancolie de la famille Halévy, les crises d'hystéries de Marie d'Agoult. Théo Van Gogh, le frère de Vincent, en sera l'un des derniers patiens avec Guy de Maupassant qui, atteint de syphilis, y finira ses jours après un an et demi de délires.
Par l'ydrothérapie mais aussi par un « traitement morale », qui a peut-être ouvert la voie à la psychanalyse, Esprit Blanche puis son fils Emile ont tenté de répondre au désarroi d'une époque hantée par le spleen et la fatalité des tares héréditaires.
Grâce à la découverte d'archives inédites, détaillant des milliers de diagnostics que l'on croyait perdus, Laure Murat nous révèle pour la première fois l'aventure d'un lieu sans équivalent dans l'histoire de la psychiatrie, maillon essentiel dans l'étude des rapports entre la folie et la création.

 


Thèse

17 janvier 2002

Hisashi MIZUNO, « Nerval voyageur-feuilletoniste : l'expression de la réalité dans les premières publications du Voyage en Orient et de Lorely. Souvenirs d'Allemange », thèse de doctrat soutenue à l'université Paris XII Val de Marne le 12 janvier 2002. Les membres du jury étaient Claude Pichois ( président ), Jacques Bony ( co-directeur ), Jérôme Thélot ( co-directeur), Michel Collot et Jean-Nicolas Illouz.

L'étude chronologique des premières publications du Voyage en Orient et de Lorery. Souvenirs d'Allemagne, échelonnées entre 1838 et 1852, change la perception que nous avons de Gérard de Nerval. Elle permet en particulier d'appréhender les textes en fonction d'un horizon d'attente particulier : celui de ses premiers lecteurs qui découvrent ces textes en feuilleton dans les journaux, et qui les lisent en fonction d'un contexte momentané qui n'est pas encore celui des recueils recomposés dans les années 1850. C'est cette actualité provisoire des textes que nous voulons tenter de saisir. Les textes s'enrichissent alors d'une signification historique jusque-là inaperçue, où par exemple, l'on voit Nerval puiser aux stéréotypes d'une époque, - non pour les cautionner (même s'ils permettent d'assurer une communication complice avec le lecteur), mais pour les détourner et trouver la voie singulière de sa propre création. Cette capacité de l'écriture nervalienne à s'approprier le contexte où elle se déploie est d'autant plus sensible que le récit de voyage implique une écriture fortement référentielle. Quand il s'agit des itinéraires dans les pays du Nord - en Allemagne, en Belgique ou en Hollande -, l'écriture ne paraît pas se dérober à la réalité, tandis que la Grèce et l'Orient, terre pleine de souvenirs mythiques et historiques, la conduisent à évoquer « un ailleurs » à travers une dimension réaliste. En fait, le voyage est pour Nerval l'occasion de déployer la réalité contemporaine dans sa valeur historique. D'où l'importance qu'il y a, pour nous, à bien reconstituer les contextes successifs et transitoires des textes de Nerval, pour mieux dire leur signification dans l'histoire.

NB : Le CD de la thèse est disponible. Contactez-nous pour son envoi.


Nouvelles publications
16 décembre

Michel Brix, Eros et littérature. Le discours amoureux en France au XIXe siècle, Peeters, 2001, 432 p. - ( Chapitre IX. Chimères de Nerval : saintes, fées, sirènes, p. 245-293.)

Au XIXe siècle, le discours amoureux est dominé par un modèle : le paradigme pétrarquisant de l'amour angélique, ou de l'amour séraphique. Ce pardigme, qui renvoie à une tradition particulièrement riche de la littérature européenne, donne à l'amour humain un statut céleste et en fait la préface de l'amour divin. Le présent ouvrage examine les sources platoniciennes de ces conceptions puis montre de nombreux écrivains de l'époque romantique identifiaient le sentiment amoureux à une voix placée par Dieu dans la conscience humaine.

Tous les écrivains du XIXe siècle ne se sont cependant pas rangés sous la bannière de cet idéal platonisant. Celui-ci fut mis en question par Stendhal, Balzac, Nerval, Baudelaire et Flaubert, qui ont consacré leurs écrits à indique combien ces modèles absolus, une fois appliqués à la vie quotidienne, se révélaient pernicieux. Ainsi, à travers les débats qui se sont noués autour de la question de l'idéalisme amoureux, c'est la nature conflictuelle du romantisme qui apparaît, et au-delà, c'est la problématique même de la modernité littéraire qui est posée : l'ambition de l'autenticité et la volonté de trouver une signification « laïque » au monde d'en bas entrent au XIXe siècle en concurrence, chez les écrivains, avec le désir de se hausser jusqu'à Dieu, ou de jouer un rôle d'intermédiaire entre la terre et le Ciel.

 


2 août 2001

Nouvelles publications

Corinne Bayle, Gérard de Nerval la marche à l'étoile, Champ Vallon, « Champ poétique », mai 2001, 252 p. + table des matières.

L'oeuvre de Nerval, si singulière, a souvent été l'objet de lectures qui ont essayé de montrer la profonde organisation d'une poétique, thématique ou structurelle, en reconstituant une esthétique d'une séduisante cohérence. Pourtant, la nouvelle édition de La Pléiade a révélé sa fragmentation tragique, dans une enquête pleine de zones d'ombres, d'incertitudes, avec ses redites, ses contradictions. Une réalité douloureuse, celle de la difficulté de l'écriture, est apparue dans son dénuement.
Interrogeant la segmentation et les répétitions, c'est ce désordre émouvant que ce travail voudrait questionner, en suivant le cheminement peu orthodoxe du poète, à travers des ouvrages de facture diverse, du journalisme aux traductions, du théâtre de collaboration aux canevas d'opéras, des nouvelles aux poèmes à forme fixe, et jusqu'à une autobiographie rêvée, afin de proposer une lecture qui s'inscrirait dans ce que Barthes a appellé, en 1978, à propos de Proust, une «histoire pathétique de la littérature», attachée aux «moments de vérité» qui donnent leur dynamique à l'uvre. Dès lors, «l'émiettement» est la rançon de cette expérience.
Dans les déchirures, la figure d'un poète inquiet se dessine, lequel marche en aveugle vers une Étoile, absorbé par la coïncidence de la signification du monde avec celle de sa vie. Cette biographie de l'uvre analyse le parcours répétitif, enchevêtré, concentrique, d'un poète meurtri, dans sa tentative d'atteindre le cur du réel, de l'autre côté du désespoir.
( La présentation de la quatrième de couverture ) ( www.champ-vallon.com)

 

Marc Froment-Meurice, La Chimère Tombeau de Nerval, Belin, « L'extrême contemporain », avril 2001, 199 p. + table des matières.

Nerval, quel sujet en or - mais aussi, que sujet impossible ! et doublement, pour exposer noir sur blanc l'impossibilité du sujet. De tout sujet. Noir sur blanc:« Ne m'attends pas, car la nuit sera blanche et noire », écrit-il avant de se pendre dans la rue la plus noire de la ville-lumière.
Peu avant, alors qu'il vient de s'échapper de la maison de santé, il tombe sur un portrait de lui qui l'horrifie: il le trouve trop vrai. Aussi écrit-il au-dessus, par un geste d'exorcisme: « Je suis l'autre ». L'autre, pas le fou - or l'autre, c'est la définition même de l'aliéné. Les miroirs feraient mieux de réfléchir avant de nous renvoyer notre image.
Il croit échapper à la folie en l'écrivant. Ainsi naît ce témoignage ultime qu'est Aurélia, « Le Rêve et la Vie » - la double vie. Mais l'écriture se révèle une arme à double tranchant: ce garde-fou censé garder de la folie est peut-être aussi ce qui garde-fou. L'oeuvre agit comme le nom: ce qui doit assurer la survie assure également la mort, ce qui est flagrant dans le cas de Gérard, qui s'est inventé Nerval en pensant à sa mère.
Et à la mienne je dédie cette Chimère.
( La présentation de la quatrième de couverture ) (www.éditions-belin.com)

 

Christian Leroy, La poésie en prose française du XVIIe siècle à nos jours. Histoire d'un genre, Champion, « Unicamp-Essentiel », 2001, 223 p.

(www.honorechampion.com)


13 juillet 2001

Nouvelles publications

Philippe Destruel, Les Filles du feu de Gérard de Nerval, Gallimard, « Foliothèque », mai 2001.

Ce livre a été annoncé dans la bibliographie de l'auteur depuis des mois, et nous félicitons vivement de la parution d'un nouveau commentaire sur Les Filles du Feu, dans lequel l'auteur a mis au point l'unité de ce recueil composite de nouvelles et de poèmes.

 

Bien que tardivement, nous voulons également signaler la parution de Contes et Facéties en octobre 2000 chez La Chasseur au Snark. ( e-mail. lachasseausnark@yahoo.com )

C'est une belle édition établie par Michel Brix avec l'importante préface et trois annexes : le scénario de « La main de gloire », Histoire du texte et Choix bibliographique.

 

Thèse

Heidi Holst-Knudsen a soutenu sa thèse, intitulée Eschewing Ending : Gérard de Nerval and the Poetics of Nonclosure, en avril 2001, dans le departement de French and Romance Philiology à Columbia University à New York, sous la direction d'Henri Mitterand.
Nous avons le plaisir de présenter le résumé de ce travail, rédigé par l'auteur à notre demande.

 

Un des traits les plus saillants de l'oeuvre de Gérard de Nerval est la nature itinérante de sa progression narrative. Le récit nervalien donne l'impression de se formuler à fur et à mesure de son évolution, semblant se tisser en fonction du hasard et des circonstances. La contingence plutôt qu'une ligne narrative préconçue détermine son cours. Ainsi que le promeneur ou le voyageur solitaire qui s'érige en tant que son image centrale, le texte nervalien renonce à un parcours fixe et préétabli. Il vagabonde, sautant d'errance en errance, de sujet en sujet, de genre en genre, régi par une impulsion associative plutôt que logico-causale.
Notre travail Eschewing Ending : Gérard de Nerval and the Poetics of Nonclosure se consacre à démontrer que l'ouvre en prose de Nerval est conditionnée, même dans ses moindres détails, par une volonté de renoncer à la clôture. S'évertuant à se maintenir dans un état de devenir perpétuel, les textes nervaliens défient obstinément toute finalité narratologique. La première partie de notre étude traite de la façon dont Nerval agence les thèmes du voyage et de la quête pour mettre en marche une textualité qui ne veut manifestement ni préciser une trajectoire, ni arriver à un but. Privés de leur motivation téléologique, ces deux mouvements se trouvent transformés en errance, errance que la figure de la digression traduit sur le plan formel.
Après avoir analysé les stratégies que Nerval déploie pour éviter la fin, nous focalisons dans la deuxième partie de notre étude sur la façon dont il actualise une sorte de présent narratif, créant des textes qui semblent se formuler sous les yeux du lecteur. Nous prétendons que Nerval mime une attitude autobiographique non pas pour dévoiler une subjectivité troublée mais pour exploiter une des données fondamentales de la voix intime, la perception visuelle. Un texte tel qu'Aurélia par exemple met littéralement en scène la transformation ekphrastique, créant l'impression de capter la formulation sémiotique au moment de son émergence même. Nous achevons notre étude par constater comment en fin de compte Nerval fait face à l'inévitabilité d'une dernière page. En orchestrant un système ingénieux de dénouement trompeurs et en perforant les frontières de ses textes avec son style profusément allusif, il transcende tout insigne matériel du terminus et inscrit ses textes dans une continuité intertextuelle qui ne connaîtrait pas de fin.

 


Table des matières

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